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Pressostat pompe immergée : réglage et pannes
Pose & entretien

Pressostat pompe immergée : réglage et pannes

Pressostat de pompe immergée : seuils de démarrage et d’arrêt, réglage des deux vis, pré-pression du ballon et pannes courantes.

Par Patrick MauriceRédaction, pompeimmergee.fr

Fiche immersion

Lecture
7 min
Rubrique
Pose & entretien
Revu le
3 Nov 2026

Le pressostat est un interrupteur commandé par la pression de l’eau : il lance et arrête automatiquement la pompe selon la pression mesurée dans le ballon à vessie du groupe hydrophore. Bien réglé, il évite les démarrages incessants, le bruit et l’usure prématurée du moteur.

À quoi sert le pressostat dans un groupe hydrophore

Quand vous ouvrez un robinet alimenté par un puits ou un forage, la pression baisse. Le pressostat détecte cette chute et ordonne à la pompe de redémarrer pour remplir le ballon à vessie. Dès que la pression remonte assez, il coupe le moteur. C’est un interrupteur mécanique très simple, mais décisif.

Sans pressostat, la pompe tournerait en continu ou sur commande manuelle, ce qui userait beaucoup plus vite les composants, multiplierait les pics électriques et entretiendrait un bruit constant. Il limite ainsi le nombre de démarrages, donc l’usure du moteur, le bruit et les pics électriques. Le système repose sur trois éléments : la pompe immergée, qui refoule l’eau, le ballon à vessie, qui la stocke sous pression comme un réservoir élastique, et le pressostat, qui arbitre entre remplissage et repos. Pour comprendre comment une pompe démarre seule, voir la pompe immergée automatique.

Les seuils de démarrage et d’arrêt

Le pressostat fonctionne avec deux seuils de pression, en bar : le seuil de démarrage, sous lequel la pompe relance, et le seuil d’arrêt, au-dessus duquel elle s’arrête. En habitat domestique, les réglages courants sont les suivants.

1,8 à 2,5 barplage courante de démarrage

3,5 à 4,5 barplage courante d’arrêt

1,5 à 2 barécart entre les deux seuils (le différentiel)

Cet écart est crucial. S’il est trop petit, la pompe redémarre presque immédiatement après s’être arrêtée. S’il est trop grand, le ballon se vide trop avant le redémarrage et la pression chute à l’ouverture d’un robinet. Un exemple courant : démarrage à 2 bar, arrêt entre 3,5 et 4 bar. Si l’écart est inférieur à 0,5 bar, la pompe repart presque aussitôt après s’être arrêtée, avec des claquements et une usure rapide des contacts. Les seuils exacts dépendent de l’usage : un foyer qui tire peu d’eau tolère un réglage plus bas, alors qu’un jardin ou une consommation quotidienne élevée demande des seuils plus hauts et un écart plus généreux. Pour cela, vérifiez l’étiquette de la pompe ou la notice du groupe hydrophore.

Régler les deux vis du pressostat

Le pressostat comporte deux vis d’ajustement, que l’on tourne avec une clé anglaise (taille indiquée par la notice). Elles jouent chacune un rôle distinct.

La grosse vis (grand ressort)

Elle règle le démarrage et l’arrêt en même temps. Vers la droite, les deux seuils augmentent ; vers la gauche, ils diminuent.

Quand : toute la plage de pression est trop haute ou trop basse.

La petite vis (petit ressort)

Elle règle uniquement le différentiel. Vers la droite, l’écart augmente et la pompe reste allumée plus longtemps ; vers la gauche, il se réduit et elle démarre plus souvent.

Quand : les seuils sont bons mais l’écart est mal calibré.

Avant de toucher aux vis, mesurez la pression actuelle avec un manomètre, puis identifiez si le problème vient d’un décalage des deux seuils ou d’un écart insuffisant.

Gonfler le ballon à vessie : la pré-pression

Le ballon agit comme un ressort pneumatique : il contient de l’eau, refoulée par la pompe, et de l’air. Si la pré-pression de l’air est trop basse, le ballon ne repousse pas correctement l’eau, la pression chute vite et les redémarrages se multiplient. Ce réglage est la clé d’un groupe stable. La règle : pré-pression de l’air = seuil de démarrage du pressostat − 0,2 bar. Sans cet écart de 0,2 bar, le ballon, une fois vide d’eau, écraserait complètement le pressostat et provoquerait des démarrages en rafale. Si le pressostat démarre à 2 bar, le ballon se gonfle à 1,8 bar ; à 2,5 bar, il se gonfle à 2,3 bar.

  1. DépressuriserOuvrez tous les robinets pour vider la pression d’eau du circuit.
  2. Mesurer l’airÀ la valve Schrader du ballon, semblable à une valve de pneu de vélo, avec un manomètre d’air.
  3. AjusterAjoutez de l’air au compresseur si la pression est trop basse ; libérez-en en appuyant sur la tige de la valve si elle est trop haute.

Vérifiez cette pré-pression au moins une fois par an, à l’automne avant le gel ou au printemps avant l’arrosage.

Diagnostiquer les pannes courantes

Plusieurs symptômes révèlent un dysfonctionnement du pressostat ou du groupe. En les connaissant, vous évitez des interventions inutiles.

La pompe redémarre toutes les 5 à 10 secondes. C’est le symptôme le plus fréquent : le ballon est dégonflé, la vessie percée ou le différentiel trop petit. Vérifiez d’abord la pré-pression, puis augmentez légèrement l’écart avec la petite vis. Si le problème persiste, la vessie est probablement à remplacer.

Des claquements ou vibrations réguliers indiquent en général un différentiel trop réduit, inférieur à 0,5 bar, ou un pressostat mal fixé. Resserrez-le, puis augmentez légèrement l’écart.

La pompe ne démarre jamais. Vérifiez d’abord la tension électrique et le disjoncteur. Il se peut aussi que le seuil de démarrage soit réglé trop haut : diminuez-le avec la grosse vis.

Ces diagnostics supposent un peu d’expérience. Si vous n’êtes pas à l’aise avec les mesures de pression ou les réglages mécaniques, faites appel à un électricien installateur. Le raccordement électrique est détaillé dans l’article sur le branchement d’une pompe immergée, et le démarrage du moteur monophasé dans celui sur le condensateur de pompe immergée. Pour sortir la pompe en cas de besoin, voir comment remonter une pompe immergée.

Décrire votre situation

Pompe qui claque ou qui ne coupe plus ? Décrivez votre situation dans le formulaire de la page : un artisan du pompage de votre secteur, dans les Hauts-de-Seine ou le Val-d’Oise, la lit et vous recontacte. Vous pouvez aussi passer par la page nous contacter.

Questions fréquentes

Le pressostat peut-il s’user ?

Oui, mais lentement. Les signes sont des bruits inhabituels, une perte de régularité dans l’arrêt et le redémarrage, ou une oscillation qui persiste même après réglage.

Peut-on changer les joints du pressostat soi-même ?

Non. C’est un appareil qui combine pression d’eau et électricité : l’intervention revient à un électricien installateur qualifié.

À quelle fréquence vérifier la pré-pression du ballon ?

Au moins une fois par an, à l’automne avant le gel ou au printemps avant l’arrosage.

Que faire si la pompe ne coupe plus ?

Elle continue de tourner même quand l’eau ne sort plus (on parle de pompe qui « dépasse »), en général parce que le pressostat est coincé et qu’elle ne reçoit plus le signal d’arrêt. Elle risque de surchauffer : arrêtez le groupe sans attendre et demandez conseil à un professionnel.

Patrick Maurice

Rédaction, pompeimmergee.fr

Patrick Maurice suit depuis longtemps les installations de pompage des particuliers : puits, forages et cuves. Il écrit les guides sur le choix, la pose et le dépannage des pompes immergées.

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